Audrey Gerlach, 31 ans, greffée du rein - Reventin-Vaugris (38)

 

Audrey est née avec un rein multi kystique qu’il a fallu lui enlever alors qu’elle avait quelques mois. Cette maladie congénitale entraîna l’atrophie de son autre rein. Tout se passa correctement, avec un simple régime sans sel, mais il vint un moment, à ses 19 ans, où son taux de créatinine augmenta fortement…
Or le rein est un organe que l’on peut donner de son vivant : « Ni mon père ni ma mère n’étaient compatibles avec moi. Il n’y avait que ma sœur : nous étions 100 % compatibles, ce qui est assez rare ». A l’époque – c’était au début des années 2000 – la loi était plus restrictive et n’autorisait pas le don des oncles et tantes ainsi que des proches « avec un lien affectif étroit et stable ». Pour la sœur d’Audrey, le choix n’a pas fait l’ombre d’un doute. « Elle m’a toujours dit : "Si je peux sauver ma sœur, je le fais". Mais le don d’organe n’est pas anodin… Cela demande du courage. Pour ma part, je me suis demandé si ce rein allait tenir. Je ne sais pas si elle s’est posé la question. Et puis il y a les formalités : j’ai dû m’inscrire sur le registre national de greffes, tandis qu’elle signifiait son consentement devant un juge. Et puis nous avons

toutes deux consulté un psychologue, afin de gérer la période qui suivrait la transplantation. Par la suite, en tant que donneur, elle n’a pas eu de problème. Pour elle, cela n’a rien changé et elle pratique la natation, comme moi, en compétition. 
Ce don, elle le considère comme un acte normal pour quelqu’un de sa famille : je sais que tout le monde n’aurait pas agi ainsi. Je me sens redevable vis-à-vis de ma sœur et j’aurai toute ma vie ce sentiment. C’est pour ça que je fais attention au quotidien, pour ne pas gâcher son rein.

Ce portrait a été réalisé pour Trans-Forme par l'auteur Izabel Tognarelli.

Qui sommes-nous ?

Association Trans-Forme

Nous contacter

contact accueil